Finances durables : le prochain apogée de l’industrie financière suisse
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Finances durables : le prochain apogée de l’industrie financière suisse

Cet article a été posté en premier lieu sur moneycab.com.

Si nous prenons le bon chemin dès à présent, la Suisse pourrait devenir la « Sustainable Finance Valley » de demain, car elle possède l’essentiel, à savoir des connaissances avérées en finances, durabilité et technologie. Les premières bases importantes ont été posées fin juin par la plus haute autorité.

En juin 2020, le Conseil fédéral a adopté les lignes directrices sur le développement durable dans le secteur financier, qui visent à améliorer la compétitivité de la place financière suisse et à permettre au secteur financier d’apporter une contribution efficace au développement durable.

Le Conseil fédéral propose plusieurs règles. Le greenwashing ne sera plus une option. Les risques liés à la durabilité doivent être mieux pris en compte, plus systématiquement, tous les experts financiers devront être bien formés dans le domaine, et les modèles numériques joueront un rôle clé.

De cette manière, le Conseil fédéral optimise le cadre réglementaire afin d’accroître la qualité et la compétitivité de la place financière. Le rapport voit les « finances durables » comme une opportunité pour cette dernière, et nous ne pourrions être davantage en accord avec cette déclaration, notamment en raison des diverses tendances que nous avons en main.

La finance nécessite numérisation et durabilité

De plus en plus de clients se fient aux prestataires en ligne et effectuent leurs transactions via internet. Les banques nouvelles telles que N26, Revolut, Transferwise et Neon deviennent le premier choix de plus en plus de personnes chaque jour. Les clients font preuve de davantage d’initiative et veulent participer à la conversation et au processus de décision. Ils ne font plus confiance les yeux fermés, sont plus informés et veulent savoir où va leur argent. Ces besoins toujours croissants constituent une énorme opportunité et la Suisse détient tout ce qu’il faut pour y répondre.

Les finances ont besoin de stabilité et la Suisse a prouvé qu’elle rassemblait d’excellentes conditions pour les sociétés qui s’efforcent de rendre notre avenir meilleur. ClimeWorks, Impact Hub Switzerland, myclimate, South Pole, RepRisk, Carbon Delta et Dow Jones Sustainability Index ne sont qu’une partie des acteurs zurichois qui montrent comment nous pouvons faire du monde (financier) un endroit meilleur et plus durable.

Le développement durable a besoin de technologie

Pour faire une différence, la technologie doit aussi être mise sur la table. Sans approche du big data, les impacts sur la durabilité ne peuvent être évalués. Et, une fois de plus, nous sommes préparés de manière optimale. Avec l’EPF de Zurich, Doodle, Disney Research, Google et Facebook, la Suisse offre un environnement technologique dans lequel puiser un vaste savoir.

Des startups intéressantes, qui gèrent un financement durable, ont déjà émergé de cette prometteuse combinaison. À Zurich, Carbon Delta fournit des évaluations sur l’impact potentiel du changement climatique sur la valeur des entreprises. Yova permet à ses clients d’investir dans des projets et sujets qui correspondent parfaitement à leur système de valeur, peu importe la taille du budget.

Un environnement idéal où se mêlent finances, technologie et durabilité

La combinaison entre expertise financière, durabilité et technologie qui prévaut en Suisse est unique en son genre. Si les bonnes mesures sont prises dès à présent – comme ce fut le cas il y a plusieurs décennies dans la Silicon Valley, la future Sustainable Finance Valley pourra être créée et permettra à la Suisse de maintenir son rôle de leader dans le monde financier. Toutefois, beaucoup de choses doivent encore être entreprises.

Si nous voulons atteindre ce but, des réglementations encore plus strictes seront nécessaires, réglementations qui tiendront compte des désirs de nos clients en matière de durabilité. La collaboration entre des prestataires financiers établis et des startups intéressantes doit devenir la norme. Et si nous pouvons retenir quelque chose de la Silicon Valley, c’est que les environnements comportant des startups florissantes ont besoin d’un soutien public – salons de l’innovation, reportages médiatiques, prix décernés – d’une part, et d’aide pratique pour accéder aux opportunités, talents et coopérations offertes sur le marché d’autre part. Car là où un environnement attrayant est créé, il y a une forte incitation à entrer sur le terrain de jeu et à opérer une différence significative.

Si nous concentrons nos efforts aujourd’hui, le marché financier suisse peut s’attendre à un futur nouvel essor. L’heure est venue.

Tillmann Lang

Tillmann Lang

CEO et Fondateur
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Depuis de nombreuses années, Tillmann travaille sur la problématique de rendre le monde plus durable et sur le rôle de la finance dans cette transition. Avant de fonder Yova, Tillmann a travaillé pendant plus de 6 ans pour le cabinet de conseil McKinsey & Company.